Voyage à Anakao

Les thons à dents de chien


ImageJuin 2005, mon séjour sur l’île Sainte marie de l’année précédente est déjà loin !, les
nombreux loupés sur de superbes poissons ne sont pas oubliés et l’heure de la revanche à
sonnée.
Je suis en contact avec Z’oréole, et notre petite expédition chasse commence à prendre forme.
Le rendez-vous est fixé le 3 Août à ANAKAO sur la côte nord est de madagascar.
ANAKAO un coin de paradis perdu ! Ce n’est qu’après 1H30 de 4*4 et 2H de pirogue à moteur que l’on accède à ANAKAO au départ de TULEAR l’aéroport le plus proche.
A mon arrivée l’inquiétude s’installe … l’eau n’est pas très claire 6 peut être 7 mètres mais on m’assure d’une clarté plus évidente au large de la barrière.
Il est 15H00 je pose le pied sur la plage d’ANAKAO, tout simplement magnifique !! Je
suis accueilli par Eric Vezo qui tient l’établissement où nous allons passer notre séjour,
le bungalow est super et la suite nous montrera que la nourriture l’est aussi.
L’accueil est mitigé Eric tient un club de bulleux et même si il a été chasseur il semble
avoir oublié cette période et ne nous aidera pas beaucoup dans notre recherche du poisson
(toutefois il reste commerçant et oui les touristes même chasseurs représentent son gagne pain)
Après un frugal repas je file au village rejoindre mon ami Bernard qui nous attend depuis 2 mois.
J’ai hâte d’entendre le récit de ses chasses et de connaître le programme qu’il nous a concocté.
Mon inquiétude se confirme il me lance des : « tu sais ce n‘est pas la saison en ce moment ! », « le poisson n’est pas la » , « l’eau est trouble » …
Aïe aïe mes craintes étaient fondées . Le rendez vous est quand même fixé à 10H00 le lendemain. Ce sont trois Marins malgaches dont un chasseur qui nous emmènerons dans une pirogue traditionnelle, d’après Bernard le chasseur est un des meilleurs !
Je rentre à mon bungalow pour m’équiper afin de faire une petite mise en palmes avant la sortie du lendemain. Première constatation dans le lagon l’eau est très sale 3/4m mais il y à beaucoup de vie, petits mérous, gros nazons 4/5kg, grosses lèvres, raie guitare, je ne tirerais
rien me réservant pour le gros pélagique.

Un début en douceur !

Image10H00 pas de pirogue il faudra attendre 11H00 avant de la voir arriver, et oui sur ANAKAO à cette saison le vent est capricieux !
J’ai hâte je n’en peux plus, le matos est chargé et en route pour l’aventure !
Le cap est mis sur l’îlot de Nosy Be en face d’ANAKAO afin de passer de l’autre côté de la grande barrière.
Première bonne surprise 15 m de visi c’est largement suffisant,je suis très enthousiasmé. Nous sommes sur des fonds coralliens entre 15 et 20 mètres mes premiers agachons seront peu fructueux, la vie est là ,
croissants queue jaune, petits mérous, Nazons, chirurgiens en pagaille mais pas la queue d’un pélagique GRRRR ! Bernard aurait-il dit vrai ???
Notre expert malgache n’a pas fait mieux que nous et nous décidons de changer de zone. Soudain les deux marins s’énervent et pointe du doigt le fond «Ici Ici!!!» «Poissons, beaucoup poissons! »
Je regarde incrédule et ne vois rien que du bleu , on m’explique alors que l’eau est plus claire ici et qu’ils arrivent à distinguer les pierres qu’ils connaissent. Suspicieux, je me met à l’eau , M… notre guide me fait un clin d’œil , il me lance « position attaque » traduisez « agachon » , je descends … devant moi se dessine une roche d’une 20aine de mètres de long ,
l’eau est effectivement beaucoup plus claire et …. Oui ce sont bien des dos de poissons que je distingue 10, 20 …30 ils sont énorme entre 10 et 15 kg , ils s’écartent lors de mon passage et je cale au fond. Je me cache un peu et attends … les voilà , des Aprions , ils sont énormes !
Derrière je distingue des becs de cannes encore plus gros. 20 mètres , il ne va pas falloir qu’ils tardent trop … je m’enfonce un peu plus dans les coraux mais ils restent très méfiants, viennent à 4mètres et repartent comme des flèches … fin de l’apnée il me reste encore 20 m pour remonter je ne tarde pas trop.
Second agachon sur la roche, cette fois j’ai trouvé une bonne planque , ils ne tardent pas, un superbe aprion d’une dizaine de kg s’approche … 5,4,3mètres et demi tour éclair , j’enrage, j’étais prêt à tirer , un autre qui le suivait s’approche à son tour , re5,re4 re3 Re demi tour ,
mais tir cette fois ci , le poisson part comme une fusée il fait bien ses 10 kg , je remonte en le bridant légèrement , dans ma tête je sais qu’il est mal tiré mais je veux encore y croire , pas longtemps , du mou dans le fil mon bel éclair d’argent est parti Snif .

Enfin la rencontre rêvée !

Les agachons qui suivront ne donneront plus rien, la pirogue est revenue au
dessus de moi et Merlando m’affirme qu’il y à plus de poissons sur une autre
roche .
ImageJe remonte dans le pirogue et nous nous éloignons un peu 200, 300mètres,
merlando me dit « c’est ici » « allez position attaque » , je m’exécute .
Je me ventile doucement, je ne veux surtout pas louper cette première apnée, une dernière
goulée d’air et je descends, ils sont là, des aprions par dizaine je me pose sur la roche et trouve une bonne planque, cette fois c’est la bonne !
Ils arrivent 6 ou 7 et semblent bien décidés 8, 7,6, 5 mètres, soudain le soleil se masque, je
sent une présence, relève la tête et !!!!!!! Oui des thons dents de chien, je n’en crois pas mes yeux un banc d’une dizaine d’individus entre 20 et 50 kg.
Ils sont la, quasi immobiles à portée de tir et moi je scotche comme un con ! ils sont si
beaux si nombreux je ne sais pas lequel choisir .
Enfin je me ressaisi choisi le plus proche, aligne mon tir sur la colonne et
SHHLAAAA ! La flèche est partie et quand je parle de flèche je parle de celle de mon fusil et
du poisson ! Incroyable lors du départ j’ai vu la flèche cintrer à cause de la pression de l’eau, je remonte aussi vite que je peux, mon moulinet chante et m’inquiète , ma bobine de 100mètres ne compte plus que quelques tours. SLASHHH !! je crève la surface, le moulinet est quasiment vide, il reste la bouée et le bungee reliés au fusil mais je préfèrerais autant que faire se peut éviter de laisser partir mon fusil. La bataille s’annonce difficile le thon me traîne
littéralement, je suis tellement heureux que je suis pris d’un fou rire, j’ai l’air malin à hurler de rire en surface alors que les piroguiers tentent de me rattraper pour m’apporter mon second fusil.
M.. prend enfin le fil, me lance mon 100 beuchat et me dit « allez double » , j’aimerais bien le voir lui je suis à bout de souffle, super excité et le poisson se trouve entre 20 et 25 mètres. Je me ventile, reprend un peu mon calme, suis le fil de la surface pour m’approcher au maximum du poisson et prend mon souffle avant de descendre. Un éclair devant moi, il est là mais n’est pas du tout décidé à se laisser approcher, je le suis à la palme quelques mètres puis
il décide de me fausser compagnie en accélérant comme une fusée. Mes trois descentes suivantes auront le même succès.
Dernière apnée, de plus en plus de sang se dégage de son flanc, le poisson est fatigué, je m’approche enfin, lâche mon tir, la flèche se plante dans la colonne, un dernier sursaut et le thon se retourne tué net. Je laisse éclater ma joie en surface, c’est mon premier thon dent de chien et il n’a pas faillit à sa réputation !.

La revanche des thons

L’émotion est grande ….. mais la journée n’est pas finie …. M… me le fait bien comprendre pendant que je me remets de mes émotions il démêle le fil du fusil en me regardant genre : « allez mon gars faut y retourner feignant !!!"
Je reprends mon fusil ( putain ils vont me tuer ) et redescends à l’eau , je me prépare sans trop y croire , je descends des images plein la tête , retrouve ma planque sur la pierre et me cale ……….
Et … surprise…. ils sont là, fidèles au poste , cette fois je décide de choisir ma cible… Un 20 kg je le laisse passer un autre , itout …..et …… oullala celui-la doit faire dans les 50 kg il passe calmement au dessus de moi .
J’aligne la bête ¾ arrière de bas en haut je vise la colonne et SLAAAHHHHH la flèche le traverse du t.. du c.. à la nuque j’ai bon espoir ( Hee Heee ) de l’avoir sécher .Image
Mais je n’ai fait que réveiller le monstre , il part dans une traînée de bulles genre patrouille de France , mon moulinet siffle et je commence à flipper ….. je remonte à fond les ballons .
3m , 2m, 1 0 SSSHHHOUUU je reprends une bonne goulée d’air !! juste à temps le fil se tend , le moulinet est vide et je pars comme un fusée YAHHAAAAAAAAA !!!!!, Ma joie et mon inquiétude seront de courte durée , le fil se détend … plus rien ….
Je remonte le fil une tresse de 200 kg coupée net ( derrière le câble d’acier ).
Les thons dents de chien de Madagascar ont montré de quoi ils étaient capables , quant à moi jen’oublierai jamais ces images …….

Marc Valentin

ImageEh oui ! Un des avantages d’être un peu âgé, c’est que l’on a dans sa mémoire le souvenir de certains êtres qui nous ont marqués.
Comme la plupart d’entre nous, je ne suis pas arrivé sur terre avec des pieds palmés, bien que né dans un « Département français » baigné par la Méditerranée. J’ai même appris à nager en piscine pendant ma scolarité.
Mon Maître-nageur était une femme, elle s’appelait Monique. Poireau de son nom de jeune fille et je vous le donne en mille qui était son mari, qui venait s’entraîner à la piscine municipale d’Oran (Algérie).
Un grand maigre qui mettait moins de temps à nager une longueur de bassin que nous à sangler nos fichues ceintures avec les lièges.
Il s’appelait Jean Boiteux, et boiteux il ne l’était pas, du moins pas dans l’eau.
Souvenez vous…. Jean Boiteux…, les jeux 1952…., Helsinki, le 400 m nage libre (on disait crawl)
1er Jean Boiteux – France – 4’ 30’’ 7/10 – On n’a pas entendu ça souvent dans une piscine olympique.
Même qu’après celle en or, il en a eu une de bronze au 4x200.

Donc après un quasi parrainage comme celui-là, il était logique que je passe à l’eau salée.
Là, j’ai rejoins tout les enfants sur la plage, mais mon papa à moi, visionnaire entre tous m’avait offert un fusil-harpon.
Le Tahiti de Tarzan.
Il me permettait, dans moins de 2 m. d’eau de tirer, sars, saupes, et crapauds(1).
Un jour, l’achat d’un beau palangrier nous a permis de fixer notre résidence des fins de semaines directement sur l’eau et donc de viser plus loin et plus profond.
Mon premier professeur, Claude Bauer était un chasseur honorable, sa belle sœur était ma prof d’anglais en cinquième. Heureusement que je l’ai su que plus tard sinon je n’aurais jamais eu le courage de sécher autant de cours pendant un trimestre.
Mon second était un extraterrestre. Déjà le prénom – Jean-Georges. – je n’arrivais pas à m’y faire. Ensuite, un presque muet. Il ne parlait que pour dire l’essentiel.

ImageIl était professeur adjoint de mathématiques dans un collège où est arrivé un jour un dénommé Marc Valentin, professeur d’éducation physique.
La jonction était inévitable, Jean-Georges qui pouvait se mettre à l’eau en décrétant qu’au dessous de 10 kg Il ne tirerait pas, Marc qui était un bulldozer sous-marin capable de visiter des failles et grottes pendant cinq à six heures d’affiler entre 0 et 25m.
Le hasard fait bien les choses, Les Valentin avait un cabanon sur la côte, à quelques kilomètres d’Arzew, notre port d’attache et c’est tout naturellement que les deux enseignants ont pris en main l’éducation de l’élève.
Il m’est difficile de vous raconter les pêches que j’ai vues réaliser par ces deux artistes.
C’était, il faut le dire, dans des lieux qui regorgeaient de poisson, dans une eau d’une clarté que nous avons oubliée le long d’une côte magnifique.
A chaque mérou sorti, Marc dessinait sur le mur intérieur du garage un petit poisson stylisé.
Dessins d’environ 10 cm pour un mérou de 5 à 10 Kg (il ne tirait pas les petits et me les laissait) 20 cm pour un poids supérieur. En deux ans, les six mètres de cloison ont vu s’aligner quatre à cinq rangées de symboles.
Le reste des prises était passé sous silence, mais rejoignait le lundi matin les locaux d’un restaurateur bien connu à Oran et Canastel.
Même les vieilles étaient prises pour la soupe, chaque semaine le partage était réalisé équitablement : trois parts égales sans savoir qui avait prit quoi.
Il faut préciser qu’en ces temps là, Messieurs, il n’y avait pas de loi interdisant la vente du poisson que nous pêchions. (je crois que ça date de 1965 ou 66).
En 1961, notre héros participe au championnat de France, à Bandol et remporte la première place avec un mérou tout droit sorti des annales.
Cette même année 61 il est au championnat du monde à Almeria avec un Algérois, Escoda, et un Marseillais Illy(2). L’équipe de France sera seconde.

1962 – Mauvaise année au calendrier des Pied-noirs.
Tout le monde part sauf Jean-Georges qui restera à enseigner et nous nous perdons de vue.
Je passerai presque 2 ans en Espagne et un service militaire à Toulon avant d’entendre reparler de mes deux complices.

ImageAprès une affectation dans le département du Nord qu’il n’a pas longtemps supporté, Marc Valentin démissionne de l’Education nationale et rejoint la région de Montpellier.
Là, grâce à l’aide d’un grand bonhomme : Eugène Gravier, il reprend du service, fait pour démarrer de la sérigraphie sur tee-shirts et devient l’équipier permanent d’un autre extra-terrestre : Hugues Dessault, photographe de son état et chasseur sous-marin depuis toujours.

Inutile de vous dire qui gagne les championnats régionaux entre 1965 et 1970. Toujours les mêmes.
D’ailleurs, personne ne demande, la seule question est : quels vont être les seconds.
Je revois donc mon copain en Mai 1966 à Port-Vendres, Tous deux (Hugues Dessault et Marc) s’occupent activement de promouvoir la Chasse sous-marine, et ne sont pas avares de conseils, aides, sorties.
En avril 1968 ils organisent avec le Touring Club de France, à Collioure, un stage pour détecter de nouvelles valeurs.
Y participe tout l’espoir de la CSM du Languedoc-Roussillon. Nous nous sommes bien amusés, pendant quatre jours, et avons eu le droit à un article dans la revue fédérale(3).
Hugues et Marc les meneurs ont continué à prendre les premières places ; Parmi les autres, je peux citer des noms tels que Martial Navarro, neveu de Marc, J. Marc Pujol qui avec son frère à été une fois champion de France par équipe, Decker, qui a pris le plus gros loup à la compétition du 16 mars 1969(4) (Compétition dénommée Loup d’Argent), Chaussat, Gau, Garaud(5), Lachellot, Barnabé(6), Sven Robin(7), Paraï(8).

Image1970, lors de la coupe de printemps on parle beaucoup de matériel, mais tout le monde est sur le qui-vive.
On sait que Hugues Dessault monte une société. Personne n’a encore entendu parler du fusil de Valentin dont il me montre le prototype dans son coffre de voiture.
Il va ensuite se lancer dans les affaires, et avoir je crois pas mal de déboires en famille.
Il s’installe enfin à Denia, en Espagne où il prend une nouvelle compagne pour remplacer sa première épouse que j’ai toujours connue sous le nom de Jerry.
Denia n’est pas un hasard. Là, il retrouve en été son vieux Jean-Georges qui, installé depuis longtemps dans l’île de La Réunion, vient y passer ses vacances d’été avec son épouse et deux garçons dont je fis la connaissance en 1985.
Tout le monde connaît les produits Valentin, j’ai presque honte de n’avoir pas un fusil de sa marque.
ImageEn 2003 la nouvelle de sa mort m’a franchement peiné, même si les évènements nous avaient fait perdre de vue depuis assez longtemps.
J’en garde un souvenir fantastique, sa gentillesse, son humeur joviale, sa disponibilité me manquent un peu.
Je comparais souvent sa tête à celles des empereurs romains avec les cheveux courts, très frisés et pour écrire ces lignes j’ai ressortis de vieilles diapos qui ont ravivées mes souvenirs.

Image


1. Marc Valentin 2. Martial Navarro 3. Chaussat 4. Barnabé 5. Decker 6.Une fille !!! 7. J. Marie Garaud 8. Sven Robin 9. Eric Paraï P. Papili
(1) Poisson de la famille des Lophioïdés (comme la baudroie) vivant dans les petits fonds et pouvant émettre des grognements qui rappellent le cri du crapaud.
(2) Illy a été champion du monde en 1959, il a beaucoup impressionné les pieds-noirs lors de sa venue en Algérie par son style, et ses flèches creuses.
(3) Plongée n° 46 – Juin 1968.
Légende de la photo : Combien de futurs champions ?
(4) 16 Mars 1969 – Compétition internationale à Port-Vendres. Je n’y ai pas participé pour cause d’arrivée
non programmée. Malgré les consignes strictes que j’avais données, le frère aîné de Granseb est né dans la nuit.
(5) J-M. Garaud, mort sur un mérou sur 18m de fond à Bagur (Espagne).
(6) On doit dire Professeur Barnabé. Il est un des précurseurs français dans le domaine de l’aquaculture.
(7) Sven Robin : Géologue. Son frère Paul a souvent écrit des articles dans les revues comme Plongées et Océan.
(8) Professeur E. Paraï : Dentiste éminent.

Chasse en Polynésie

Avant-propos...
Je vais essayer"modestement" dans les quelques points qui vont suivre de vous donner quelques renseignements sur la chasse
dans les lagons en Polynésie Française et plus précisément à Tahaa.
Attention, cet article ne concerne en rien la chasse dans le grand bleu qui reste une affaire de spécialistes aguerris, connaissant extrêmement
bien le milieu et/ou possédant une logistique permettant de pêcher à plusieurs et en tout sécurité. (because squale !)
Ayant la plupart du temps chassé seul, je me suis cantonné dans le lagon (passes et récifs) où il y a déjà fort à faire !
Les différents points qui suivent n'engagent que moi et sont le fruit d'une expérience personnelle. Si certaines personnes ont une expérience
similaire dans la chasse dans les lagons du pacifique et qu'ils veulent modérer, réfuter ou compléter certains propos, ils sont le
bienvenue.
Remarque : Certaines photos sont des oeuvres personnelles, d'autres sont tirées du catalogue de
pacific promotion

Les différentes types de pêche en Polynésie

Le Poti-Marara
Image La pêche côtière est pratiquée avec une flottille de poti marara, pirogues motorisées et très minoritairement de bonitiers.

Ce type de pêche est localisé dans seulement quelques atolls et se pratique couramment de manière informelle sur des bateaux non licenciés.

Le poti marara est un bateau traditionnel en Polynésie, de 4 à 7 mètres à l'origine en bois équipé d'un moteur hors bord mais le plus souvent en polyester avec un moteur diesel inboard

Leur forme les destine à la pêche de poissons volants, les marara, à l'épuisette depuis le poste de navigation placé très haut à l'avant du bateau. Aujourd'hui, le poti marara est polyvalent; il pratique la pêche côtière (pêche au harpon du mahi mahi, à la traîne, à la ligne de fond et même à la canne).

La pirogue à balancier

ImageLa pêche lagonaire est très développée dans les
atolls. Elle constitue tout comme la pêche côtière, un apport alimentaire incontournable pour les habitants et permet l'organisation de micro marché au sein des atolls les plus peuplés, sous forme de troc ou de vente en bord de route, aux restaurateurs et petits hôteliers.
Bien que leur chair soit réputée plus fade que celle de leurs congénères océanique, les poissons du lagon sont consommés depuis la nuit des temps par les tahitiens.

Vendeuse de poissons au bord de la route (10/99 - Papeete)
Image
Le lagon est depuis toujours est le garde-manger des polynésiens qui ont, au
fil du temps, développé des techniques de pêche très variées comme la pêche au filet, aux cailloux, au patia (lance hérissée de pointes) et à la ligne, avec une prédominance dans les lagons du parc à poissons. La technique consiste à emprisonner les poissons dans des chambres grillagées. Le poisson s'engouffre dans ces espaces qui deviennent plus petits au fur et à mesure de sa progression, de sorte que l'ouverture des chambres se rétrécit et empêche celui-ci de sortir.

Image Plus tard, l'invention des flèches, du caoutchouc et des premiers masques, a vu le développement de la
chasse sous-marine (tautai na raro) au fusil ( te pupuhi).

On dit que la chasse sous-marine a été inventée en Polynésie Française puis importée en Europe peu de
temps avant la guerre par des tahitiens venus faire des démonstrations en méditerranée. On leur doit l'invention de l'arbalète à sandows et des premiers masques qui s'inspiraient des petites lunettes en bois de cocotiers des pêcheurs de perle polynésiens.

La chasse sous-marine dans les lagons se pratique essentiellement près du récif et dans les passes.

Ces 2 chasses sont très différentes, l'une se pratique dans peu d'eau, en slalomant à
l'indienne près des patates (récifs), l'autre se pratiques dans les passes, à la coulée.

J'ai curieusement rencontré plus de requins près du récif (pointes noires) qu'aux abords intérieurs des passes.
Peut-être parce que les pointes noires se sentent plus en sécurité vis à vis de leurs congénères dans peu d'eau.

ImageLa passe relie le lagon à l'océan. L'eau entre ou sort du lagon en fonction des marées.
On comprend mieux pourquoi ces passe sont les poumons des îles et le garde manger des poissons. L'eau y est plus profonde qu'au récif et
aussi plus poissonneuse.

L'équipement

la combinaison

Image Bien que l'eau avoisine les 28°, une combinaison me semble nécessaire mais pas indispensable. J'ai pêché la plupart du temps en short et en body de surf et cela s'est avéré suffisant. Pourtant lors de mon prochain périple, je pense que j'emmènerai sûrement une intégrale 3.5mm car si l'eau est chaude le maraamu qui souffle en juillet vous rafraîchi un peu les ardeurs lorsque vous remontez sur le bateau mais surtout la combinaison protège des contacts quelques fois hostiles avec les coraux (coraux de feu !).
De plus lorsque vous plongez dans les passes les courants rentrants amènent en profondeur des eaux plus fraîches. 3 à 4 kg de plombs sont suffisants.

ImageLe reste de l'équipement est des plus classiques
En effet, je passe rapidement sur les palmes, masques et tubas pour m'attarder un petit peu sur les gants. Préférez,
si vous êtes droitier, 1 gant pour la main gauche épais (genre gant de pêche au gros). En effet, cette main ainsi gantée servira à s'accrocher aux coraux pour vos affûts sans peur des contacts coupants et urticants ainsi que pour vous saisir en sécurité de certains poissons qui possèdent de véritables scalpels sous les nageoires (ex : chirurgiens, poissons soldats).
Pour l'autre main, un gant fin , voir un gant de vaisselle fera l'affaire. Enfin, en ce qui concerne les masque, il est intéressant de remarquer que les tahitiens utilisent toujours les masques ovales monoculaires qui, vu la faible profondeur du lagon et sa beauté, est parfaitement adapté.

Le fusil
Le fusil emmené a très bien rempli son office. Un 100 valentin n°6 équipée d'un moulinet, flèche 6.5
inox ardillon long.
En parlant d'ardillon, n'oubliez pas d'en prévoir de rechange : Les flèches s'enfoncent facilement dans les patates de corail et l'en extraire est toute une histoire qui finie généralement par un ardillon tordu. Pour les mêmes raisons, 1 ou 2 flèches de rechange ne sont pas superflues.
Sachez toutefois que de nombreux petits magasins vendent sur Raiatea (l'île jumelle et sacrée) du petit matériel de rechange (flèche et ardillon), mais étant sur tahaa cela m'obligeait à prendre la navette (1000 CP ou 50 FF A-R) pour un ardillon à 7F50 !
Prévoir aussi du nylon de rechange (décidément ces coraux...).

Le fusil tahitien (te pupuhi)

La flèche armée par un puissant sandow, accroché sur la poignée revolver de l’arme,
est libérée par le pouce qui soulève la gâchette.

Image
Le fusil tahitien, généralement construit en bois de purau peut mesurer entre 130 et 180 cm ! (Le Purau
(Hibiscus tiliaceus), est très répandu et forme des futaies inextricables en raison des contorsions de ses branches. Ses larges feuilles en forme de cœur sont utilisées dans le four tahitien. Découpée en lanières son écorce fait office de lien solide servant à attacher les poissons par les ouïes. On s'en sert aussi pour la confection des more (jupes en fibre de parau) utilisées au cours des danses traditionnelles. Est toujours utilisée dans la confection des pirogues à balancier comme flotteur (bois léger)).

La crosse peut-être dans la plus pure tradition tahitienne (voir à droite), soit moderne (poignée marlin 28 de beuchat par exemple). Le corps du fusil possède un guide flèche intégral creusé dans le bois. La tête est soit classique (tête plastique), soit locale.
La rainure du guide flèche s'élargit sur les 10 derniers centimètres pour y loger un tube en cuivre qui va dépasser de la tête de 5 cm à peu près. (cela ressemble au canon d'un fusil). De la chambre à air maintien ce tube sur le fusil, ainsi que les sandows si ceux sont des bi-brins. S'ils sont mono-brins, un trou en tête de bois permet de faire passer ce sandow (type sandows rapides).Image

La flèche (tèa) possède un coulisseau et est reliée au fusil par du fil de pêche de 2mm
d'épaisseur.
Il n'est pas rare que les tahitiens fixent sous la tête du fusil deux pointes permettant d'y fixer le
poisson pêché dans le but d'attirer ainsi les poissons de la même espèce (et les requins par la même occasion, mais bon, c'est la réincarnation des ancêtres alors...)

A noter que l'on commence à trouver dans certains magasins (grandes surfaces !) des fusils en bois tahitiens avec poignée et tête européennes à des prix variants entre 600 et 1000 FF. Mais rien ne vaut le plaisir de se le construire soi-même !

 
Les dangers du lagon 
Le poisson-pierre ( Te Nohu )
ImageIl représente un danger important pour les baigneurs, plongeurs et chasseurs d'autant plus qu'il affectionne les zones peu profondes et fréquentées du lagon.
Il est très difficile à repérer car il ressemble à un bout de corail mort, de couleur sable.
Si par idnavertance vous posez le pied où la main dessus, ses 13 épines dorsales à la base desquelles se trouve un sac à venin se dressent et piquent. La douleur, très violente, peut entraîner une syncope. Il en est de même des poissons scorpions (Tataraihau) dont la piqûre peut être mortelle. Il faut aussi se méfier des poissons chirurgiens et autres poissons armés qui possèdent de véritable scalpel à la base de leur queue.

Le corail de feu (Millepora dichotoma)
Image Le Corail de feu est bien connu des plongeurs et des chasseurs: il est extrêmement urticant. Il inflige même de bonnes brûlures et enflures (d'où son nom) aux imprudents qui le touchent. S'il prend plusieurs formes (ramifié, en plaques), on le reconnaît facilement à sa couleur: jaune avec l'extrémité blanche.
Un chasseur averti en vaut deux!
 
 
 
 
 
 


La murène javanaise ( Te puhi iari)
Image Un des poissons les plus effrayants que l'on puisse rencontrer dans les lagons. Sa bouche toujours entrouverte qui laisse apparaître ses dents et ses 2m50 de long inspirent plus de terreur que de tendresse. Le danger pour le chasseur est qu'elle se jette sur votre prise frétillante en bout de flèche. Inutile aussi de vous dire que la pêche à trou est à vos risques et périls !
A noter que pour la plupart des polynésiens la murène, proche cousine de l'anguille, est sacrée.

Les requins
Requin pointe-noire (Te mauri)
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Avant toute chose lisez le bref
récit qui suit qui vaut à lui seul bien des explications...
Vous l'aurez compris, il ne faut jamais garder le poisson pêché sur soi. Un grand bidon coupé dans le sens de la hauteur, une caisse plastique, ou votre bateau peuvent servir de garde-poisson. Les vieux pêcheurs polynésiens, laissent toujours un poisson en tribut aux squales qui maraudent dans le sillage de leur pirogue. Ici, on dit que le corps des requins est habité par l'esprit des anciens et qu'il faut partager les richesses de l'océan avec eux.

La gratte
La ciguatera est une intoxication causée par l’accumulation de biotoxines marines chez le poisson. Ces biotoxines proviennent d’un dinoflagellé, une algue microscopique, fréquentant surtout les eaux tropicales.
Les gros poissons tropicaux carnivores (comme le barracuda), qui constitue l’échelon le plus élevé de la chaîne alimentaire, accumule des teneurs plus élevées en ciguatoxine, et peut donc poser un risque plus grave.
La plupart des cas d’intoxications de type ciguatera résultent de la consommation de ces poissons.
La ciguatoxine peut se retrouver dans n’importe quelle partie d’un poisson contaminé. Des teneurs plus élevées ont toutefois été signalées dans le foie, la tête, les gonades et les viscères.
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Vous trouverez ci-dessous quelques méthodes plus ou moins douteuses pour identifier les poissons gratteux, sachez que rien ne vaut le savoir des locaux...

Technique du chat:
Faire manger à un animal, chien ou chat, le poisson incriminé et attendre de voir ce qu'il arrive à la pauvre bête.
Les chiens et les chats étant plus sensibles à la gratte que les hommes, la réaction est violente, rapide pouvant aller jusqu'à la mort.(déconseillé!)

Technique du foie:
Il apparaîtrait que le foie d'un poisson gratteux a un goût légèrement acidulé et aigre et que le simple contact de celui-ci avec la langue suffit au diagnostic. (Le foie étant un des organes dans lequel la toxine a tendance à le plus s'accumuler)

Technique des fourmis:
Les fourmis seraient à même de différencier une chair intoxiquée d'une saine, ceci est donc mis à profit dans cette technique:
Il faut placer un bout de foie ou de chair des différents poissons douteux à côté d'un morceau d'un réputé comme poisson sain .
Au bout de quelques heures les fourmis ayant repéré les différentes chairs, celles-ci doivent pulluler. Si une des chairs n'est pas visitée par les fourmis, le poisson correspondant devra être jeté.

Technique du gendarme:(légende)
Cette technique consisterait à donner gentiment un filet du poisson douteux à un gendarme ou à un popa'a arrivé depuis peu et à observer l'évolution de son état.
Si le poisson est bon, il ne pourra que s'étonner de la gentillesse des locaux.
Si le popa'a se sent mal, jetez le poisson conservé au congélateur...


Alors décidé?, vous partez?

Voici 2 ou 3 trucs ou astuces issus de mon expérience pour vous aider à passez des vacances de chasse plus agréables.

Le Transport
Image Pour éviter de retrouver votre arbalète cintrée dans le transport, rien de mieux qu’un tube PVC de diamètre 100 minimum muni d’un bouchon fixé par de la colle PVC d’un coté et d’un regard dévissable de l’autre.
Choisissez le assez grand pour y mettre votre tube (pensez à otez la crosse) ainsi que diverses flêches.
Si vous êtes aussi pêcheur à la canne, vous pourrez les glisser dedans ainsi que quelques objets fragiles.
L’enregistrement ne pose aucun problème, à part le fait que le tube ne passant pas sur les tapis roulants, vous devrez récupérer votre tube aux objets incombrants.

Avant la mise à l’eau
Image Le Polynésien, qui est très attentif et à l’écoute des choses de la nature, c’est aperçu que la lune influait énormément sur le comportement des poissons et ainsi sur le butin de pêche.
En résumé, la pêche est plus fructueuse après la nouvelle lune et après le dernier quartier qui précède la nouvelle lune. Mais comme je vous l’ai dit cela fera l’objet d’un article, car les choses ne sont pas si simples qu’elles y paraissent!
Ne soyez donc pas surpris si un tahitien décline une sortie pêche, c’est tout simplement que la lune n’est pas bonne et qu’il sait très bien que la pêche ne le sera pas non plus…

La mise à l’eau
Image Un petit truc qu’utilise les Polynésiens pour éviter la buée sur le masque : La feuille de purau.
Avant de chasser, cueillez quelques feuilles de cette arbre, crachez sur votre masque et essuyez le avec les feuilles: garantie sans buée!
Le purau est un arbre ami du chasseur Polynésien: Outre ses feuilles, on utilise son bois pour fabriquer les fusils, et son écorce pour tresser le fil qui servira à transporter le poisson!
 
 


Stocker le poisson
Image Vous aurez compris qu’il n’est pas conseillé de porter à la ceinture ses prises. Pour cela, 2 solutions: Soit vous vous
servez du bateau comme garde poisson, mais cela suppose qu’il ne faut pas trop s’éloigner du bateau.
La 2ème solution, et sans aucun doute la meilleur, consiste à se procurer un grand bidon plastique que vous couperez dans le sens de la hauteur, soit une caisse en plastique (voir photo) que vous traînerez derrière vous.
Un bout de drisse terminé par un plomb vous permettra de larguer l’ensemble pour slalomer entre les patates de corail.

Conserver le poisson
Pensez à amener une glacière sur le bateau avec des bouteilles d’eau glacée. Cela permettra, outre de vous désaltérer, de conserver votre poisson (nettoyé) qui aurait vite fait de tourner sous la chaleur tropicale…

Après l’effort…
Pourquoi pas déguster quelques bénitiers(pahua en tahitien)? Armez vous d’un gros tournevis que vous placerez entre les 2 valves du coquillage, à l’endroit par où le coquillage respire.
Par réflexe, celui-ci va se refermer sur le
tournevis et le serrer. Il suffira alors de le déloger en le travaillant. Vous couperez le nerf à l’arrière du
bivalve, il s’ouvrira tout seul. Vous mangerez la chair, arrosée du jus d’un citron, un régal!
 

Récit d'un séjour en corse...

VENDREDI 16 :
Image Nono jette l’éponge car sa santé chancelante lui rappelle qu’il est loin d’être guéri. Le moral de la troupe en prend un coup : pas même parti, et déjà des pertes dans les rangs. C’est tellement triste, qu’on prend tous la décision de le venger à grand coup de 110, de charcuterie, de fromage de brebis, et de vin qui pique.

SAMEDI 17 :
Grosse préparation du barda pour Papili et Granseb : on part pour 4 jours quand-même, ‘faudrait voir à manquer de rien ; on part pour 4 jours seulement, ‘faudrait voir aussi à pas tout avoir en double ! Finalement, on arrive à une quantité de matériel humainement transportable.

17h00 : Poulpil et JFF arrivent chez Granseb. Il va falloir mettre leur merdier à eux aussi dans la voiture. Finalement, on en conclut tous qu’on est débile, mais on arrive par miracle à fermer le coffre, et même les portières.

19h00 : RDV avec Alain et Robot à la cale de mise à l’eau du Vieux Port : tout un symbole !
La R21 Nevada est déjà pas mal attaquée, mais on ne se décourage pas ! On vide tout par terre, et on recommence : « d’abord le pied gauche… toujours. Et puis une gorgée de… ». Tiens, il nous regarde, l’autre, sur le mur… L’organisation n’est pas si mauvaise, car tout rentre dans la voiture en à peine 10mn. La voiture de Granseb trouve une place tout à fait convenable à quelques encablures de la Gare Maritime, juste devant les Douanes : tout un symbole aussi ! Encore quelques transactions et quelques diableries pour obtenir les billets, où l’on évaluera l’œil vif et l’air intelligent de l’employé de guichet de la SNCM, et où l’on notera également le zèle inaltérable de la vigie du pirate : « je ne suis pas habilité à vous parler ».

20h00 : Nono nous passe un petit coup de fil, tout écoeuré qu’il est de ne pas être avec nous : nous tentons de masquer notre tristesse et notre excitation, et nous l’embrassons très fort.
Ouf, nous montons enfin à bord du Danièle Casanova, valeureux vaisseau de la flotte insulaire, où nous prenons possession de nos quartiers, sortes d’immenses tupperwares avec 4 couchettes et 1 lavabo.

21h00 : pendant l’appareillage, nous dégustons une bière Pietra pour avoir déjà un petit goût de Corse dès l’apéro ; puis nous ingurgitons un dîner très douteux, à un prix très corse, et nous ne tardons pas à nous coucher. La traversée s’annonce calme, le roulis délicat nous berce, le sommeil est finalement très correct compte tenu du mauvais couchage, des ronflements du Granseb, et de l’excitation générale à l’idée d’être demain dans l’eau...

Dimanche 18, les hostilités commencent...

Arrivée au port d’Ajaccio vers 7h00, heure locale. Le décalage horaire nous laisse un peu groggy, mais nous ne nous abattons pas : direction le marché, où nous découvrons une magnifique halle à poissons, malheureusement à peine en train d’être dressée, et nous nous rassurons : même en cas de broucouille, nous mangerons du poisson !! Robot nous fait découvrir pour le petit déjeuner des fameuses ambrucciatti, merveilles de petites tartes au Bruccio, à ne pas manger trop vite…
Puis, nous séparons les équipes : Papili, JFF et Poulpil se chargent de faire le marché, tandis que Robot, Alain et Granseb vont mettre le bateau à l’eau. Le bateau, superbe destrier des mers, Gommonautica de 6m, reléguant le Mixer Killer au rang de coquille de noix gonflable.
La mise à l’eau se fait sans soucis. Le moteur, presque neuf, démarre au quart de tour. Ouf, Granseb était pourtant là, mais la malédiction semble être restée sur le continent !

9h00 : Robot repart en bateau à Ajaccio, rejoindre les autres avec leurs commissions, pendant qu’Alain et Granseb filent en voiture à la maison pour décharger tout le paquo, puis retrouver les flibustiers au mouillage, après leur traversée sans problème de la baie. Le temps est très nuageux, avec un reste de mistral, une légère houle du large.

10h30 : Arrivée à la maison de toute la bande. Belle villa très confortable, avec une terrasse arborée culminant au-dessus de la baie, et offrant une vue de carte postale. Pour reprendre nos esprits émerveillés, on se fait un bon casse-croûte, sauf Poulpil qui reste raisonnable, malgré l’appel irrésistible du saucisson d’âne. La suite de la journée lui donnera (comme toujours !) raison. Préparation du matos.

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12h00 : on se met enfin en tenue ! C’est pas dommage.
13h00 : on largue Poulpil et JFF sur le sec de la Cathédrale ; la houle se lève un peu, et une superbe mousse s’éclate sur les écueils de la Punta di Sette Nave. Que du bonheur. On amarre à l’abri au sud de la pointe : Papili et Granseb partent à droite vers la pointe, Robot et Alain partent à gauche vers de beaux écueils que Robot semble affectionner… La visibilité dépasse 18m par endroit, mais reste en moyenne à 12-14m à cause du brassage important.
Les fonds sont sublimes, blocs monstrueux, failles titanesques, canyons sinueux entre des pitons remontant presque à la surface, tout cela posé sur 30m. Une mange importante, un peu de courant, pas mal de mousse, nous laisse espérer de grandes choses.
Déception à l’accroche-poissons : quelques manqués sur des sars difficiles, un ou deux beaux mulets encore en train de nager à ce jour, une ou deux dorades hilares de nos gesticulations. Broucouille générale pour les 4 Daltons du sud de la pointe, dont un ou deux, transis, s’étaient même réfugiés sur les rochers, en attendant le bateau de 15h30. Granseb récupère donc tout le monde, et nous rejoignons les Toulonnais, en espérant secrètement que l’effet Poulpil a encore fonctionné.
Bilan du duo (et donc de la journée…) qui nous permit de tester en direct le nouveau gadget du Granseb, un superbe peson électronique :
JFF : - 1 Noir de 450g
Poulpil : - 1 poulpe de 2,5 kg (il pouvait pas s’empêcher…)
- 1 chapon de 800 g
- 1 araignée de 1,250 kg (!)
- 1 baudroie de 9,5 kg (!!!)
‘ l’est pas humain, j’vous dis…

Retour au mouillage après une tentative infructueuse de trouver un sec sans GPS, et quelques écueils raclés par Robot et Granseb, toujours aussi désertiques, mais qui permirent au passage à ce dernier de constater que les oursins étaient fort nombreux, et très pleins dans ce secteurs. Après avoir interrogé la bande sur l’aspect judicieux d’un ramassage rapide mais efficace dans moins de 2m d’eau, le voilà reparti avec un beau filet bien grand, qu’il remplit en 30mn de 7 ou 8 douzaines bien garnies, histoire de mettre sa petite pierre à l’édifice gastronomique de la soirée à venir.
19h30 : après une ouverture efficace des bestiaux, un superbe court-bouillon à la JFF où araignée, chapon et noir finirent leurs dignes existences par une dernière nage majestueuse, nous entamâmes un somptueux festin, marqué entre autre par des tapas de poulpe à l’harissa du Poulpil, un grignotage savant de quelques pattes d’araignée du Poulpil, sans parlé du chapon du Poulpil (pffff…), et du labre du…JFF (ah, quand-même), le tout arrosé de moult rasades de Château Beaulieu blanc ou rosé, dont quelques cartons avaient pu faire la traversée avec nous par on ne sait quel hasard… Ah, si, un monument : l’omelette au bruccio et à la menthe du Robot, on en avait le rouge aux joues !! Un délicieux fromage de chèvre marqua également les esprits, même des plus récalcitrants aux produits laitiers. Nous mangeâmes évidemment en silence, calmement, n’osant presque pas parler tant l’instant était triste, sans saveur.
C’est ça, t’as qu’à croire…


Image7h00 : Levé tôt, mais pas trop ; le rosé de la veille fait encore un peu effet. C’est d’la bonne, j’te dis… Le temps est pourri : pluie, vent de nord ouest par grosses rafales, mer très formée avec moutons, grosse houle d’ouest, etc. On est dég’ de chez dég’ !
9h00 : toujours dég’. On va faire un gros caddie au Champion du coin, histoire de bouffer du local, à défaut de poisson. Poulpil décide solennellement de ne pas se mettre à l’eau aujourd’hui : la suite de la journée lui donnera (toujours comme toujours !) raison.
11h00 : Orage, odésespoâr, et autre grains nous tombent sur la gueule ; et la mer qui ne s’arrange pas. Robot et Granseb décident malgré les éléments déchaînés de quand même se lancer dans l’après-midi.
12h00 : Déjeuner frugal, siestou, puis direction le mouillage pour les 2 plus débiles de la bande.
15h00 : On démarre. Houle 4m. Ecueils explosés. Bateau se comportant plutôt bien, même si on fait pas trop les malins avec la houle de face au début. On met 30mn pour rejoindre un spot pas mal, avec un mouillage qui semble sûr.
Chacun part de son côté : visi : 1 à 6m, avec une quantité de posidonies mortes et de méduses considérables, ramenées au bord par la houle. Sans parler du « tapioca », cette putain de mixture gélatineuse que l’on trouve maintenant chaque année sur nos côtes au printemps.
Vu 2 écailles, pris 3 branlées, y compris à 10m de fond, où la houle très longue continue à sévir. Courant monstrueux, et mouillage pas si sûr que ça finalement : il était temps de filer !
17h30 : fous mais pas cons ; on décide de rentrer, profitant du soleil au retour. Par contre, ni le vent, ni la houle ne se sont calmés. Alors que le passage en houle arrière s’annonce très délicat, même avec un si beau rafiot, le Granseb glisse à Robot une suggestion anodine : « tiens, si tu remettais le coupe-circuit au poignet ?! ». Une vision, j’vous dis ! 2mn après, une vague superbe nous soulève par l’arrière, entraînant le bateau dans une folle « surfade », le moteur se met à caviter, perdant tout contrôle, le zozo glisse en travers brusquement, manquant de chavirer, en passant de 15 à 0 nœuds en 5m ! Le Robot arrive à se tenir, mais le Granseb lâche tout, sentant son genou se barrer en sucette dans la vrille. Ejecté à 20m du boat, avec le pied qui s’est pris au passage dans un cordage, et commençant à couler doucement dans l’élan, car toujours avec sa ceinture sur lui, mais sans les palmes bien sûr… Un peu de calme après la tempête, laissons la nature, et donc la flottabilité positive reprendre ses droits : Robot fait une récupération de l’homme à la mer en plein merdier digne d’un permis même pas acheté frauduleusement, et nous revoilà parti, avec un genou douloureux, et un hématome de 10cm de diamètre sur le coup de pied : prochains palmages délicieux en perspective…
18h00 : retour au bercail broucouille, et cours de cuisine, pour la réalisation d’une lotte à l’armoricaine à 4 mains entre un JFF principalement, judicieusement assisté d’un Papili attentif. Un chef-d’œuvre !! Pendant ce temps, Robot retourne au mouillage déplacer le zozo, trop près de la plage à son goût.
Toujours une ambiance aussi minable à table ; d’ailleurs, plus personne ne se parle, on n’a même pas faim, et rien à boire…
24h00 : Robot ne dort toujours pas, inquiet pour le bateau malgré son mouillage très abrité, tant la mer est « calme »… Il passera une mauvaise nuit.

Mardi 20, ou la Mamie de Robot...


7h30 : levé toujours « difficile » pour certains ; poussées de cheveux et de dents, voix éraillées par certains cigarillos puants, Robot groggy, encore hanté par les 18 oniriques crashs de son bateau durant son sommeil.
Plus de vent, et une large brume couvrant la baie : la mer est retombée, plus un seul mouton, mais encore du chahut sur les écueils ; une belle houle résiduelle semble persister.

8h30 : petit déjeuner en bord de mer, en attendant que l’épicerie corse dont Robot garantie sur la tombe de ses ancêtres la qualité des produits, soit ouverte. La décision est prise d’attaquer en fin de matinée, Robot appelant sa mamie d’Ajaccio, pour lui dire qu’il ne viendra la visiter que le soir.
9h30 : achat des diverses charcutailles et autres friandises dans une échoppe colorée et joviale, la tenancière nous gratifiant d’un superbe brebis qui restera dans les buccales ! Et le lendemain dans les annales bien sûr, c’est la nature…
11h00 : habillage après collation. Et on fonce vers le sec de la Castagna, après avoir larguer le Poulpil sur la pointe du même nom, nom si bien approprié compte tenu de la houle de 2m qui subsiste de la veille, et des gerbes d’écumes de 7m qui explosent sur les écueils. Mais il aime ça la baston, le Poulpil !
Robot, Alain nauséeux et sinuseux, et JFF se répartissent sur le sec immense, Papili et Granseb rentrent plus en terre histoire de mieux supporter la méforme, et le pied gonflé de la branlée de la veille… Visi de moins de 10m (bravo la Corse, j’t’en foutrais moi !!), et toujours du tapioca en veux-tu en voilà ! De quoi rappeler les pires souvenir d’enfance.
Maigre bilan avec un mulet pour le Granseb, un très beau labre pour le Papili (c’est sa spécialité, de tirer les veilles, soixantaine oblige…), et un sartchoune et un poulpe pour le Robot. Les autres, broucouilles, même Poulpil !!
Nouveau trajet jusqu’aux Rochers de Ruppione, avec nouvelle répartition des équipes : les fonds sont sublimes, sorte de champs de bataille de géants s’étant balancés des blocs de granit de 5m de diamètre dans la gueule pendant quelques semaines, et tout ça posé sur 20m de fond… Granseb tombe en se posant à l’agachon sur une petite sériole de 7-8 kg, mais n’arrive pas à la faire revenir. Il améliorera ensuite le tableau du jour par un sar enragué sous ses palmes.
16h00 : retour au bord, un peu déçu par les prises et la glacière, mais heureux quand même car le soleil revient enfin, avec une vision de rêve : il a neigé sur les cimes, et la baie est couronnée d’une superbe écharpe blanche !
17h30 : Robot nous appelle depuis chez mamie ; tout le monde au garde à vous : elle dîne avec nous ! On nettoie et range un peu les chambrées, et on prépare un petit menu de célibataires gourmands.
20h30 : Mamie Robot arrive enfin, nous honorant d’une mine superbe pour ses 89 ans. Elle nous attaque à l’apéro et à la charcut’ comme je nous le souhaite à tous à…70 ans ! Et elle rigole de bon cœur à nos facéties, et nous renvoie largement la pareille, aimant à magagner cette « jeunesse » insouciante ; le verbe étant aussi alerte que l’œil, le coude et la fourchette. Un vrai moment de bonheur et de joie de vivre.
Au menu, salade de poulpe assaisonnée de quelques restes d’araignée, restes de lotte encore meilleurs que la veille, divers poissons du jour en papillote, et risotto aux asperges du Granseb, seul accompagnement susceptible de colmater des estomacs secoués toute la journée. Et toujours rien à boire, on va finir par se déshydrater, un comble à deux pas de la mer…
Dans un rare moment de sérieux, voire de lucidité, il fut convenu que demain, la journée serait courte, et que donc, il fallait faire un vrai « levé », pour en profiter un maximum.

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5h30 : réveil pour tout le monde (enfin presque…)

5h45 : on arrive tant bien que mal à extirper Alain et Poulpil de leurs limbes alcoolisées. C’est du propre, j’vous jure…

Image6h30 : on démarre : la mer est superbe, avec encore un chouya de houle, mais une grande belle journée qui s’annonce ; trop les boules, le jour de notre départ…
Direction la zone sauvage de la pointe de la Castagna, qui continue un peu à castagner, mais beaucoup moins quand même.
Le Poulpil est largué sur une succession de secs magnifiques, juste à l’ouest de la pointe, avec son « Caddie » officiel pour tirer la bouée, que nous appellerons « J. » pour ne pas dévoiler son identité…
Alain et Robot redescendent un peu la côte pour trouver leur bonheur, et Papili et Granseb se répartissent sur la pointe, brassée à souhait.

2h00 plus tard, on fait les comptes :
Papili : keudal
JFF : keudal
Granseb : 1 mulet de 800g
Poulpil : 1 sar de 700g
Alain : 1 sar de 900g (très beau)
Robot : 1 mulet passant le kilo

ImageEnsuite, on rejoint un sec plus en terre, dont Robot nous garantie les qualités. Granseb, au pied toujours souffreteux, reste au bord et se laisse mystifier par 2 dorades d’1,5 kg, les autres se répartissent judicieusement. Quand Alain rejoint Robot et Poulpil pour « faire des rougets », il s’aperçoit que ces deux malades taquinent les bestioles sur…plus de 20m ! Il jette l’éponge, mais l’épreuve paiera, puisque Poulpil tapera 2 rougets Tchernobyl de 450g (!!), et une belle vieille de 800g (gigolo va !), et Robot un rouget très honorable de 150g.

Retour vers 12h00 avec vidage complet du paquebot, devant une « foule » bronzant sur la plage, affolée par tant de flingos brandis rageusement par ces indécents hurluberlus, toutes pissettes dehors, alignés sur la paillote devenue entre temps notre vestiaire attitré.

Le déjeuner à l’extérieur, sous un superbe soleil, nous permit de faire griller notre pitance sur un barbecue de compétition, et nous attaquâmes enfin (déjà ?!) le rangement et le nettoyage de départ.

Dernier épisode dantesque vers 17h00 avec la remontée du bateau sur sa remorque… dont nous avions perdu la manivelle !! Tout ça à la clé de 14, pour un semi-rigide de 6m : bonjour les ampoules, et le passage de relais entre JFF, Granseb et Alain, tous haletants de tant d’efforts.

Et puis nous montâmes sur le bateau, le très gros, avec plein de bagnoles dedans, et nous vîmes les Iles Sanguinaires s’éloigner au coucher du soleil, pendant l’apéro, et avant un dîner bien plus convenable qu’à l’aller.

GRANSEB : « vous faites quoi demain ?! »
JFF : « j’ai plein de messages, je risque de bosser même samedi pour rattraper tout ça… »
PAPILI : « moi, je rentre direct sur Bordeaux, j’ai à faire »
POULPIL : « je bosse demain après-midi, mais vendredi, je suis libre »
GRANSEB : « ah ?! Tiens ?! Et si on allait chasser vendredi matin ? »

Et ils y sont allés…

 

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